Glace ou Chaleur lors d'une blessure?

Chaud froid

Chaud ou Froid ?

En cas de blessure on entend tout et son contraire. Il y a ceux qui vont vous conseiller du mettre du chaud et d'autres de mettre du froid en s’appuyant sur le traitement des sportifs. Vous vous êtes certainement déjà demandé : « Est-ce que je devrais mettre de la glace ou de la chaleur sur ma blessure ou ma contracture ? »

Pour le savoir voyons d’abord comment le corps réagit en cas de blessure et la réaction générée par ces thérapies thermiques, puis savoir s’il y a ou non de l’inflammation et enfin, comprendre la phase de guérison des tissus qui passe par trois étapes :

  • la phase Aigüe
  • la phase Subaiguë
  • la phase Chronique.

Pour éviter une lésion, le corps génère une contracture.

Lorsqu’un muscle est trop sollicité il va rester bloqué en position de contraction pour empêcher le mouvement et ainsi éviter le risque de lésion. La contracture est un mécanisme réflexe de protection du corps. Il ne fait que bloquer la zone pour lui permettre de se reposer. C’est aussi un mécanisme de protection contre l’environnement extérieur. Le corps a tendance à se contracter en période de stress ou d’insécurité. Bien que cette réaction soit un mode de protection, elle génère de la douleur et un dysfonctionnement.

Pour réparer une lésion, le corps provoque une réaction inflammatoire.

Lorsque les muscles, tendons ou ligaments sont atteints dans leurs fibres, il faut du sang pour démarrer le processus de réparation. Les anticorps proches de la zone lésée vont libérer de l’histamine qui va permettre à une plus grande quantité de sang de venir dans la zone. Le sang apporte les nutriments essentiels à la réparation des tissus. L’inflammation est donc un processus de réparation. Au même titre que la fièvre, ce processus va produire des effets controversés. Il va générer entre autre de l’œdème (gonflement de la zone) qui tend les tissus jusqu’à provoquer de la douleur et limiter les mouvements.

Comment agit le Froid ?

Le froid à un effet de vasoconstriction c’est à dire que les tissus se rétractent. Il y a un rétrécissement de la zone. Le but étant de limiter l’accumulation de liquide et de permettre le drainage des déchets métaboliques. Le froid va donc enrayer le processus d’inflammation.

Comment agit le Chaud ?

Le chaud va dilater, ramollir, détendre. Il va permettre un relâchement des tissus et générer une sensation de confort. C’est donc une solution efficace pour lutter contre les contactions.

Les différentes phases de Guérison.

  1. La phase Aiguë (inflammatoire)
  • Cette phase dure entre 48 heures à 4 jours et l’on peut observer :
  • Gonflement
  • Chaleur
  • Rougeur (augmentation de l’apport sanguin aux tissus lésés)
  • Douleur constante, qui n’est pas améliorée par le repos ou l’immobilisation (pression sur les fibres nerveuses causée par l’œdème)
  • Sommeil perturbé par la douleur.

Ces symptômes sont reliés à l’inflammation. Celle-ci est essentielle à la guérison des tissus. Elle permet de détruire les tissus endommagés, laissant ainsi la place à de nouvelles cellules, et d’activer le processus de réparation en augmentant l’apport sanguin dans la région blessée. Ce n’est donc pas cette inflammation elle-même qui est problématique, mais le fait qu’elle persiste parfois au-delà de sa durée normale. Dans un cas d’inflammation chronique, il peut même y avoir une destruction de tissus tout à fait sains. Il est donc important d’agir rapidement dès l’apparition des signes d’inflammation afin de contrôler son intensité.

  1.  La phase Subaiguë (Réparation) 

La durée est variable soit de 2 à 70 jours en fonction des personnes mais également de la blessure.

Durant cette phase, les tissus tentent de se réparer et de se cicatriser, mais l’organisation des fibres n’est pas optimale. Les tissus sont encore fragiles et il faut être prudent quant aux stress mécaniques que l’on applique sur eux.

  1. La phase Chronique (Remodelage)

Sa durée habituelle est de 2 mois et plus pouvant s’étendre sur une année. Les fibres des tissus sont progressivement remplacées par du tissu de meilleure qualité, mieux organisé. Normalement, la douleur s’estompe dans cette dernière phase de guérison. Toutefois, il arrive malheureusement que la douleur persiste. On dit alors que la personne souffre de douleur chronique.

La douleur chronique est en fait un cercle vicieux qu’il faut éviter à tout prix, car elle :

  • Entrave le sommeil
  • Cause une diminution d’énergie
  • Compromet le rendement au travail
  • Peut causer une diminution de la participation aux activités sociales
  • Peut causer de l’anxiété
  • Peut provoquer le sentiment de n’être pas compris
  • Risque de causer de la dépression
  • Cause une inhibition et une atrophie des muscles stabilisateurs
  • Peut causer une diminution de la tolérance à la douleur.

En pratique que fait-on ?

D’abord on va différencier la contracture de l’inflammation

En cas d’inflammation la douleur est diffuse et s’étend à une zone qui est chaude et gonflée. Elle peut même être un peu rouge. Tous les mouvements de la région sont difficiles (c’est la phase aiguë). Le procédé à suivre :

  • Du Repos (cesser toutes activités douloureuses)
  • Appliquer de la Glace toutes les deux/ trois heures durant au moins 20 minutes. On peut ressentir au début une sensation de brûlure avec un picotement durant environ cinq minutes. Par la suite, la zone est « gelée » et on ne ressent plus de douleur. Cette application de glace permet de :
  1. Diminuer la circulation sanguine afin de réduire les risques de saignements internes
  2. D’atténuer la douleur, cet effet peut durer deux à trois heures
  3. Limiter l’inflammation
  4. Diminuer le gonflement
  5. Réduire les spasmes musculaires (contractions involontaires des muscles)

Il est normal de se sentir plus « raide » après son application.

L’application de chaleur est à éviter car elle risquerait d’augmenter l’inflammation.

Lorsque l’inflammation s’est résorbée, on peut appliquer de la chaleur pour stimuler la circulation sanguine. La chaleur est indiquée dans la phase subaiguë ou chroniques.

La contraction génère une sensation de tension sans qu’il y ait de gonflement. La douleur est très facile à localiser. On peut montrer un point précis et elle limite un type de mouvement précis. C’est l’exemple d’un torticolis qui est un cas de contracture très fréquent.

L’application du chaud étant de détendre la zone est à faire toutes les deux/ trois heures durant au moins 20 minutes. Le chaud va permettre aux muscles de se relâcher.

Les effets de la chaleur :

  1. Augmente la circulation sanguine, facilitant ainsi la réparation des tissus endommagés
  2. Détendre les muscles
  3. Améliorer la souplesse
  4. Diminuer la douleur.

Dans la phase (subaigüe), il est important de débuter certains exercices (renforcement et d’assouplissement) avec prudence et pas de façon trop rapide pour ne pas déclencher de phase inflammatoire, et afin de :

  1. Favoriser un meilleur alignement des fibres des ligaments et des muscles pour que ceux-ci soient plus solides
  2. Éviter l’ankylose
  3. Éviter l’atrophie musculaire.

Cependant Si vous ressentez encore de la douleur, vous pourrez choisir de mettre de la glace ou de la chaleur dans les cas de ressenti :

  • Plutôt de la raideur et de l’ankylose, la chaleur sera bénéfique.
  • Une sensation de chaleur, de brûlure ou de douleur constante, vous devriez plutôt appliquer de la glace.

Dans la dernière phase Chronique, on progresse dans les exercices déjà amorcés dans la phase subaiguë et on ajoute des exercices de proprioception et de stabilisation pour éviter les récidives de blessure.

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Pour une meilleure récupération et défaire les tensions qui se sont créées lors de la phase inflammatoire et la douleur, il est vivement recommandé de faire des séances de massothérapie afin de redonner aux muscles et aux articulations leur souplesse et amplitude de mouvement, d'éliminer les toxines qui se sont accumulées.

 

A noter que lorsque le corps génère de l’inconfort il nous demande juste une chose : Changer.

Enrayer l’inconfort sans chercher à savoir ce qui a produit cet inconfort, c’est comme mettre du parfum plutôt que de se laver !

Enfin, la réaction inflammatoire ou la contracture n’est pas ce que vous devez soigner. L’important est de lutter contre ce qui a provoqué ces réactions.

 

On adopte les bons comportements !